Aujourd'hui où la transmission scolaire ou médiatique des œuvres littéraires semble de moins en moins évidente, il s'avère aussi inopportun de s'en scandaliser que d'en accepter l'inéluctable déclin. Il faut, au contraire, comprendre historiquement le statut particulier des textes littéraires et comment s'est constituée, dans nos sociétés, une " mémoire des œuvres ". Mais si l'histoire sert simplement à déconstruire le canon des grandes œuvres ou à ramener les créations d'un auteur à leur contexte le plus factuel, elle annihile les différences de valeur sans prendre en compte la valeur des différences. Il s'agit donc de ne pas escamoter rapidement la dimension esthétique des œuvres. Loin de dissocier histoire et esthétique, il apparaît, à l'inverse, indispensable de mettre à l'épreuve leur